Compilé par Archana Cini, Journal Lookout

Issu des archives de 2002, voici un récit qui continue de résonner plus de deux décennies plus tard — un récit façonné par la curiosité sincère des enfants et les réflexions franches d’un marin en mer.

Dans cet article d’archive datant du mois de mars, intitulé « Les questions importantes des enfants : le NCSM Vancouver répond », de jeunes Canadiens ont écrit aux marins déployés dans le cadre de l’opération Apollo afin de mieux comprendre la vie en mer. Leurs questions, sincères et souvent profondes, ont donné un aperçu de la façon dont les jeunes esprits perçoivent les concepts de service, de séparation et de sacrifice. Des milliers de lettres de ce type ont été reçues et lues attentivement par ceux qui servaient à bord du Navire de Sa Majesté (NCSM) Vancouver. Parmi l’équipage du navire à cette époque se trouvait le lieutenant de vaisseau (Ltv) David Patchell, dont les réponses réfléchies et sans détours ont révélé l’humanité commune entre les marins déployés à l’étranger et les familles qui attendaient chez elles.

Aujourd’hui, ce contributeur du Lookout d’il y a plus de deux décennies occupe le poste de contreamiral (RAdm) dans la Marine royale canadienne (MRC) et de commandant des Forces maritimes du Pacifique/Force opérationnelle interarmées du Pacifique (FMAR(P)/FOIP), faisant de cette histoire d’archives non seulement un instantané dans le temps, mais aussi une partie de l’influence continue du contre-amiral Patchell sur la communauté de la Défense canadienne.

Alors que nous revisitons cet article d’archives, le Lookout invite les enfants du grand public et des communautés de la Défense à soumettre leurs propres questions aux marins pour une nouvelle édition moderne.

Questions importantes des enfants : Le NCSM Vancouver répond

Note de la rédaction : Cet article a été publié dans l’édition du 11 mars 2002 du Lookout et a été rédigé par le lieutenant de vaisseau (Ltv) David Patchell. Nous avons sélectionné quelques-unes de nos questions préférées pour les mettre en avant.

Depuis son départ de Victoria le 29 octobre 2001, le NCSM Vancouver a reçu des milliers de lettres de soutien de la part des Canadiens. Il semble que la grande majorité de ces lettres proviennent d’enfants. Cela me brise le cœur de ne pas avoir le temps de répondre à la lettre de chaque enfant, mais hélas, je suis ici pour faire la guerre, pas pour être un correspondant. Ce que je peux faire, c’est essayer de répondre à quelquesunes de leurs questions aussi honnêtement que possible. Voici quelques-unes des questions très ouvertes et directes posées par les enfants, accompagnées de mes meilleures tentatives de réponses.

AVEZ-VOUS CHACUN VOTRE PROPRE CHAMBRE ?

Réponse courte : non. Je vis dans une pièce, qu’on appelle une cabine, avec cinq autres gars. Inutile de dire que ça peut être un peu bondé parfois. Mais dans l’ensemble, on s’en sort et tout va bien. Le second, l’officier chargé de l’approvisionnement et le timonier ont leur propre chambre. L’avantage de partager une chambre, c’est qu’on a toujours quelqu’un d’autre à blâmer pour le désordre et les odeurs.

VOUS ENNUYEZ-VOUS ?

Oui et non. La plupart du temps, je suis trop occupé pour m’ennuyer. Nous travaillons tous de longues heures, et cela aide en fait à passer le temps. Cependant, les journées sont souvent très répétitives.

COMBIEN DE TEMPS VAS-TU RESTER SUR LE NAVIRE ?

Malheureusement, nous ne le savons toujours pas. Cela fait presque quatre mois que nous avons quitté nos foyers, et nous ne savons toujours pas quand nous reverrons nos familles. Selon les meilleures estimations, nous resterons à bord pendant six à huit mois. Nous savons que nous avons une mission à accomplir et que nous rentrerons chez nous une fois notre travail terminé.

DE QUEL TYPE D’ARMES DISPOSEZ-VOUS ?

Le Vancouver dispose d’une grande variété d’armes. Nous avons un canon Bofors de 57 mm, qui est le plus gros, à l’avant du navire. Nous avons également quatre mitrailleuses de calibre .50 et de nombreux fusils, pistolets et fusils de chasse.

AVEZ-VOUS PEUR ?

Je n’ai pas peur pour ma vie. J’ai peur de rater les années où mon fils grandit. J’ai peur que les choses aient changé quand je rentrerai chez moi. J’ai peur que la voiture ne démarre pas ou que le toit prenne l’eau pendant mon absence. J’ai plus peur de ce qui se passerait si nous n’étions pas ici que des terroristes. La peur est importante, mais c’est la capacité à surmonter cette peur qui nous permet de faire notre travail.