Archana Cini, Journal Lookout.
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Une performance multimédia à CFB Esquimalt a rendu hommage au service et au sacrifice du 2e Bataillon de construction.
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La production a exploré les expériences des Canadiens noirs ayant servi malgré le racisme anti-Noirs systémique durant la Première Guerre mondiale.
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L’un des actes les plus altruistes qu’une personne puisse accomplir est de se lever et de se porter volontaire pour se battre pour son pays – c’est un acte d’une bravoure, d’un honneur, d’un sacrifice et d’une loyauté extraordinaires.
Au début de la Première Guerre mondiale, de nombreux volontaires noirs se sont vu refuser l’enrôlement alors qu’ils offraient de sacrifier leur vie pour nous tous. Le 2e Bataillon de construction de la Force expéditionnaire canadienne (FEC) a été formé en 1916 en tant qu’unité ségréguée, car de nombreux militaires noirs n’étaient pas autorisés à combattre aux côtés de leurs compatriotes blancs. Il s’agissait de la première et unique formation de taille d’un bataillon entièrement composée de noirs dans l’histoire militaire canadienne, créée uniquement après que les communautés noires de tout le Canada eurent exercé des pressions sur le gouvernement et les responsables militaires. Bien que les contributions des membres du 2e Bataillon de construction à l’effort de guerre aient été inestimables – ils ont coupé le bois utilisé dans les tranchées, les voies ferrées et même les aéronefs –, ils ont été confrontés à un racisme anti-noirs systémique tout au long de la guerre.
À la fin de la Première Guerre mondiale, l’unité a été officiellement dissoute sans que le gouvernement du Canada ne reconnaisse leur service ni leurs sacrifices.
– Gouvernment du Canada
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Le 4 juin, la base des Forces canadiennes (BFC) d’Esquimalt s’est transformée en un lieu de commémoration et d’apprentissage alors que le public s’est rassemblé pour assister à une présentation multimédia poignante rendant hommage au service et au sacrifice du 2e Bataillon de construction. Écrit et interprété par la conteuse, dramaturge et musicienne de la ColombieBritannique shayna-adjowa jones, le spectacle *The Bugle Called and Forth They Went* retraçait l’histoire du premier et unique bataillon entièrement composé de noirs au Canada, formé pendant la Première Guerre mondiale. Cet événement a été rendu possible grâce à D.L. (Door) Gibson, vice-président de la BC Black History Awareness Society et gestionnaire de projet pour l’héritage du 2e Bataillon de construction en ColombieBritannique, avec le soutien du Programme de partenariat commémoratif d’Affaires des anciens combattants.
Autorisée en juillet 1916, cette unité non combattante et ségréguée, composée de plus de 600 hommes, a servi en France pour construire, entretenir et réparer des routes, des voies ferrées et des infrastructures essentielles en temps de guerre — un travail souvent négligé dans les récits historiques, bien qu’il ait été essentiel à l’effort de guerre des Alliés. Le bataillon comptait également 12 hommes originaires de la Colombie-Britannique, dont trois venaient de l’île Salt Spring; le plus jeune d’entre eux, James Douglas Whims, âgé de 18 ans, ne revint jamais chez lui. Le 2e Bataillon de construction fut dissous en 1920.

Des membres du 2e Bataillon de construction. Photo : Bibliothèque et Archives Canada.
« The Bugle Called and Forth They Went » s’est déroulé sous la forme d’un récit à plusieurs niveaux, mêlant des faits historiques qui invitaient le public à se confronter à la vérité du passé du Canada à des récits fictifs racontés à travers des chansons, des narrations, des textes parlés et des sons. Les spectateurs ont été invités à plonger dans les réalités vécues par les Canadiens noirs confrontés aux contradictions du service pour un pays qui, à l’époque, leur refusait le droit fondamental de servir dans des rôles de combat. La narration multimédia a ensuite révélé la formation du 2e Bataillon de construction, un unité ségréguée composée de Canadiens noirs qui avaient choisi de s’enrôler, de servir et de se sacrifier malgré les obstacles systémiques dressés contre eux. La narration de Jones n’a pas éludé le poids émotionnel de ce sujet historique.
« Ce fut un parcours immense que de porter l’histoire de ces hommes dans mon âme. Je suis aux prises avec la complexité d’honorer ce que cela a représenté pour ces hommes noirs d’être finalement envoyés à la guerre au sein d’un bataillon de travail ségrégué, sans jamais être autorisés à donner leur vie pour ce pays », a déclaré Jones. « Je suis toujours aux prises avec la complexité et l’ironie du fait qu’ici même, au Canada, nos propres morts étaient considérées comme de seconde classe, comme inférieures au service et aux morts des Blancs. Quel immense et complexe honneur que de donner vie à un aperçu de cette histoire! Je suis reconnaissant de cette occasion à la fois crue et noble. »
Ces réflexions ont trouvé un écho dans le récit central du spectacle, centré sur deux frères fictifs inspirés des véritables frères James Douglas et Robert Clark Whims, de l’île Salt Spring, à travers lesquels le public a été guidé depuis le début de la Première Guerre mondiale jusqu’à sa fin.

Une affiche encourageant l’enrôlement au sein du 2e Bataillon de construction. Photo : Bibliothèque et Archives Canada.
L’événement a également rendu hommage aux descendants et aux membres de la communauté liés à l’héritage du bataillon, notamment aux familles dont les ancêtres ont servi, ainsi qu’aux personnes qui ont contribué à préserver et à faire revivre la mémoire de cette unité par le biais de travaux d’archivage et d’initiatives commémoratives.
S’exprimant lors de l’événement, Kenny Craig, responsable de l’engagement au sein de la B.C Black History Awareness Society, a souligné l’importance de se souvenir de ses ancêtres et de l’héritage commun. « Nous avons de nombreuses origines et de multiples façons d’être arrivés sur ces terres et ces territoires », a déclaré M. Craig. L’hymne noir a également été interprété par Tekea Ogoh, auteure-compositrice-interprète primée d’origine nigériane qui se produit sous le nom de TK the Artist.
Le 9 juillet 2022, le très honorable Justin Trudeau, alors premier ministre du Canada, a présenté des excuses officielles et publiques aux côtés de l’honorable Anita Anand, alors ministre de la Défense nationale, au nom du gouvernement du Canada, pour le racisme anti-noirs systémique dont ont été victimes les membres du 2e Bataillon de construction avant, pendant et longtemps après la Première Guerre mondiale. Ces excuses ont été présentées à Truro, en Nouvelle-Écosse, sur le lieu même où le bataillon avait été formé pour la première fois.
À la fin de *The Bugle Called and Forth They Went*, Jones a fait remarquer : « Tant que l’histoire de la chasse ne sera pas racontée par le lion, elle glorifiera toujours le chasseur. »
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À la mémoire et en l’honneur des courageux soldats noirs qui se sont enrôlés en Colombie-Britannique et ont servi au sein du 2e Bataillon de construction de la Force expéditionnaire canadienne de 1916 à 1920 :
- 931612 Soldat Roy (Edward) Alexander
- 931349 Soldat Norman Bowden
- 931615 Soldat Arthur Burns
- 931350 Soldat Joseph Gilkes
- 931583 Soldat Arnold William Harris
- 931330 Soldat Ernest Hutcheson
- 645263 Caporal Daniel Livingstone
- 931617 Soldat David Redman
- 931614 Soldat James Douglas Whims
- 831613 Soldat Robert Clark Whims
- 2063 Sapeur James Edward Wintworth
- 931615 Soldat Harry Wright


