Archana Cini, Journal Lookout.
« Un bon soldat doit faire preuve de compréhension. Il ne s’agit pas seulement de son point de vue. Il doit comprendre tous les points de vue et leur contexte. »
– Alan (Jim) King
Voici Alan (Jim) King, ancien combattant des FAC et résident actuel du Veterans Memorial Lodge, une maison de soins de Broadmead. Depuis son adhésion aux cadets dans sa jeunesse jusqu’à son engagement dans le domaine du bien-être animal après sa retraite, la vie de Jim est marquée par le service et l’attention portée à tous ceux qui l’entourent.
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Lorsque Jim parle de la vie, il le fait rarement en longues phrases. Au contraire, il évoque souvent de petits moments saisissants : le souvenir de sa rencontre avec sa femme, séparés par une clôture, ou le premier pantalon qu’il a porté quand il était petit garçon. Ensemble, ces fragments composent une vie bien remplie, façonnée par le sens du devoir et sa conviction inébranlable qu’il faut chercher à comprendre les autres.
Jim est né au printemps 1936 à Uckfield, en Angleterre. Son père, menuisier, est mort de la tuberculose alors que Jim n’avait que huit semaines. Peu de temps après, Jim et sa mère ont entrepris le long voyage vers le Canada, s’installant à Kelvington, en Saskatchewan.
La transition n’a pas été facile. Jim se souvient encore très clairement de ses débuts au Canada — non seulement à cause des difficultés, mais aussi de la façon dont le changement se percevait à travers les yeux d’un enfant.
« Les premiers mois, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps », se souvient-il en riant doucement.
Mais Jim était aussi enthousiaste à l’idée d’apprendre et d’explorer. « J’ai eu un pantalon long à ce moment-là, et je le portais pour dormir. »
En Angleterre, les garçons portaient des shorts jusqu’à un âge avancé. Pour Jim, les pantalons longs avaient une toute autre signification. « C’était un événement important », dit-il. « Ça voulait dire que j’étais grand. » La symbolique de ces pantalons l’a accompagné toute sa vie, un puissant symbole d’appartenance à un nouveau pays.
Peu après, Jim s’est joint aux Cadets de l’Armée canadienne.
« J’adorais être cadet », a déclaré Jim. « Je me souviens avoir été tellement fier de devenir chef des cadets dans ma ville natale, pendant un certain temps, bien sûr. »
À 18 ans, Jim s’est enrôlé dans l’Armée canadienne avec le soutien total de sa mère. Pour lui, son enrôlement ne ressemblait pas à un saut dans l’inconnu. Au contraire, cela ressemblait à une continuité.
« C’était excitant », dit-il simplement.
La formation initiale de Jim l’a conduit à Calgary, en Alberta, où il a servi au sein des Queen’s Own Rifles avant que le régiment ne devienne le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI), où il allait rester tout au long de sa carrière. La guerre de Corée venait de prendre fin à l’été 1953 et une grande partie de son service s’est donc ancrée dans ce pour quoi le Canada était de plus en plus reconnu : le maintien de la paix.
« Nous avons été formés par la nation pour être une force de maintien de la paix », a-t-il déclaré. « Mais nous étions prêts à partir dans l’autre sens à tout moment. »
Cette dualité a marqué une grande partie du service de Jim, alors qu’il a effectué deux missions à Chypre, servi trois ans en Allemagne pendant la Guerre froide et participé à plusieurs exercices à travers le Canada. Lorsqu’on lui a demandé s’il s’était fait des amis à l’étranger, Jim a marqué une pause.
« C’est difficile à exprimer avec des mots », a-t-il dit. « Nous étions des soldats. Notre but dans la vie était de promouvoir la paix. Tout ce que nous pouvions faire pour promouvoir la paix, nous le faisions. En même temps, j’ai rencontré des gens à l’étranger que je considérais comme des amis. »
En Allemagne, la complexité du rôle de maintien de la paix est devenue encore plus évidente. Peu après la Seconde Guerre mondiale, Jim faisait partie des nombreux soldats canadiens stationnés en Allemagne de l’Ouest dans le cadre des opérations de la Guerre froide.
« Au début, l’Allemagne était l’ennemi », a déclaré Jim. « Ça avait toujours été comme ça pour nous. Puis, petit à petit, on apprend à connaître les gens… et, aussi surprenant que cela puisse paraître, ils sont comme toi et moi. »
Il a décrit ce changement de mentalité comme quelque chose à la fois progressif et profond, un lent effritement des attentes.
« La frontière est très mince », a expliqué Jim. « Au début, on est là pour les surveiller. Puis, au bout d’un certain temps, ça commence à changer. On n’est plus là pour les surveiller — on est là pour être avec eux. »
Après avoir pris sa retraite des Forces canadiennes, Jim a continué à mettre son sens du service au service d’un rôle très différent : celui d’inspecteur de la SPCA à Victoria. Dans ce nouveau rôle, Jim a passé des années à travailler avec les animaux, à visiter des refuges, à intervenir lors d’incidents et à parler de l’importance du bien-être animal dans les écoles locales.
« J’ai une très haute opinion des animaux », a déclaré Jim. « … mais j’ai aussi appris à vivre avec les gens », a-t-il ajouté en riant.
Lorsqu’on lui a demandé de résumer ses expériences de vie jusqu’à présent en un seul mot, Jim a simplement répondu : « les amitiés ». Cela nous rappelle que, qu’on porte l’uniforme ou non, ce qui dure le plus, ce n’est pas la mission en soi, mais les personnes qui restent dans notre cœur longtemps après qu’elle soit terminée.
Un grand merci à Shannon Donnelly, de Broadmead Care, pour sa contribution à cet article.
Cet article vous est présenté en partenariat avec Broadmead Care, un organisme de bienfaisance enregistré et un fournisseur de soins à but non lucratif qui soutient les anciens combattants par le biais de soins de longue durée et de programmes qui honorent leur histoire, soutiennent leurs capacités et préservent leur dignité. Pour en savoir plus, composez le 250-658-0311 ou visitez broadmeadcare.com


